Deux récentes études de TNS Sofres l’une sur la culture et l’autre sur la lecture mettent en avant une tendance que l’on connaît déjà à savoir un léger bouleversement dans les habitudes depuis l’arrivée d’internet. En fait, l’expansion d’internet ne se fait pas au détriment d’un autre secteur « culturels » (Cf Tableau ci-dessous pour voir ce que le mot culturel englobe pour TNS) mais les français consomment plus de culture que ces dernières décennies.
Si la lecture se porte plutôt bien, elle est préférée par les catégories socioprofessionnelles supérieures ainsi que par les seniors, alors que les plus jeunes préfèrent le ludique et l’interactivité du web.
Jusqu’ici rien de bien surprenant dans le fait que la culture soient perçue comme un moyen de se divertir pour les plus jeunes, ce qui m’interpelle par contre c’est l’avènement du tout au divertissement dans l’ensemble de la société.
Les exemples concernant la « culture » peuvent concerner le succès de magazines comme Closer et consort pour la presse, ou d’émissions de TV réalité pour le petit écran, cela nous permet de nous rendre compte que les personnes cherchent à passer un bon moment…
Il est donc entendu pour la « culture », qu’une majorité de français recherche avant tout le ludique, mais qu'en est-il pour des sujet comme l’économie et la politique par exemple ?
Il n’est de secret pour personne que la politique, l’économie… ne soient plus dans les principales préoccupations des français. Un manque de proximité, d’accessibilité et même de non-tendance est reprochée aux hommes politiques et à quelques chefs d’entreprise. Que leur reproche-t-on au juste ? Trop d’austérité, et donc pas assez de divertissement en somme… Alors ainsi, nous voyons fleurir les hommes politiques dans les émissions type Ardisson, et on commente le fait que François Hollande devra faire à manger pour la famille si sa femme est élue !!
Un exemple assez éclairant peut-être celui de la publicité que certains voient (lorsque ça les arrangent !) comme un miroir de la société. Le divertissement dans la publicité commence par le slogan « Play more » de Xbox, mais après tout il ne s’agit que de jeu… Ce thème a fait des émules hors des secteurs traditionnellement concernés par ce genre de problématiques (par exemple les jeux vidéos, les vêtements ciblant les jeunes…) La campagne « pourquoi grandir » de Modus l’année dernière participe a cette thématique avec un produit qui n’a rien d’un jouet surtout en période de sécurité routière ! Ces deux exemples montrent comment un thème précis et réservé aux jeunes est devenu une norme, une tendance.
Cette tendance a été commenté de nombreuses fois : adulescents, Kidults, le retour de produits comme la coccinelle, le succès d’Austin Power, les barbapapas… toutes ces personnes consomment des produits nostalgiques, rassurants par crainte des lendemains !
Une bonne analyse de ce phénomène se trouve dans le livre de Joseph Health et Andrew Potter, La Révolte consommée, essai sur l'inefficacité de la contre-culture qui explique ce phénomène par une fausse révolution et une vraie consommation hypocrite !
Au fond le divertissement est un élément vital pour l’homme, mais à le retrouver à toutes les sauces, ne risque-t-on pas de le galvauder et de ne plus savoir le reconnaitre…

